BIENFAITS : Thèse de pharmacie - Spiruline et système immunitaire

BIENFAITS : Thèse de pharmacie - Spiruline et système immunitaire

 

Extraits d’une thèse présentée le 12 décembre 2008 à la faculté de pharmacie de Nancy

pour le diplôme d'Etat de Docteur en Pharmacie par Sébastien SGUERA

 

 

 

Note : Cet extrait a été réalisé par Jean-Bernard SIMIAN, Ingénieur en agriculture et cultivateur de spiruline depuis 2005. Il faut rappeler qu’une thèse de pharmacie dure 3 ans, est financée par de l’argent public et est soumise à un jury d’experts dont les noms sont mentionnés au début du document.

 

En ces temps de pandémie de coronavirus (COVID-19) il semble pertinent de se pencher sur des informations qui peuvent être utiles.

 

 

 

Thèse complète à télécharger ici : http://docnum.univ-lorraine.fr/public/SCDPHA_T_2008_SGUERA_SEBASTIEN.pdf

 

 

 

Extraits des pages 120 à 125 :

 

 

2.5. Activité de la spiruline sur le système immunitaire

 

La capacite de la spiruline à agir comme immunomodulateur a été pour la première fois démontrée en 1994 sur des souris. Depuis de nombreuses autres études ont été réalisées, sur des souris, hamsters, poulets, dindes, chats et poissons [85] [86] [87]. Toutes ont démontré que la spiruline était incontestablement un puissant tonifiant du système immunitaire.

 

Bien évidemment, cette action positive s’explique par la présence de vitamines du groupe B, d’oligoéléments comme le fer, d’acide gamma-linolénique, d’antioxydants puissants et à doses importantes comme le bêta-carotène, la vitamine E, le zinc et le sélénium, ce qui n’a rien de révolutionnaire.

 

Mais le véritable intérêt de la spiruline en tant qu’agent ≪ dopant ≫ du système immunitaire repose sur la présence de ses molécules complexes, polysaccharidiques et polypeptidiques, dont les effets immuno-stimulants ont été étudiés depuis le milieu des années 90.

 

 

 

2.5.1. Modulation de la sécrétion de cytokine

 

In vitro, un extrait aqueux de spiruline a montré qu'il pouvait moduler la sécrétion de cytokines (interleukine IL-1β, IL-4 et interféron gamma) des cellules mononucléaires du sang périphérique humain stimulées avec du PHA (phyto-hémagglutinine). Au cours d'un essai randomisé en double aveugle, la supplémentation de 2 gr/jour pendant 12 semaines de spiruline a permis de réduire de 32 % la sécrétion d'IL-4 chez des patients atteints de rhinite allergique [88] (Figure 34) (l'IL-4 est une cytokine secrétée par les lymphocytes T de type CD4+ notamment au cours des réactions allergiques immédiates (hypersensibilité de type I) en favorisant la production d'IgE).


In vivo, l'administration a des patients de 50 ml/jour d'extrait aqueux de spiruline pendant 12 semaines a favorisé la sécrétion d'interféron gamma (IFN gamma) par les cellules tueuses naturelles (NK). L'activité cytolytique de ces lymphocytes NK a, elle aussi, été augmentée. Après l'administration régulière d'extrait aqueux, les cellules mononucléaires du sang périphérique des individus ont été isolées et l'activation des lymphocytes NK a été ensuite réalisée par l'intermédiaire de différentes cytokines (IL-12 et IL-18). La réponse à cette activation, mesurée par le taux d'IFN gamma libéré, a été majorée lorsque l'IL-18 a été utilisée après une première activation par l'IL-12 (effet observe 2 a 3 mois après le début de l'administration de l'extrait) [89]. L'IL-18 a potentialise l'action de l'IL-12 sur la production d'IFN gamma par les cellules NK.

La spiruline a aussi permis l'induction de la production d'IL-12 secrétée par les cellules myéloïdes (monocytes). La spiruline agirait donc d'abord sur les monocytes en stimulant la production d'IL-12 qui agiront ensuite sur l'activation de la production d'IFN gamma par les cellules tueuses naturelles. Il est aujourd'hui admis que les micro-organismes pathogènes (bactéries, virus ou parasites) sont reconnus par les récepteurs des cellules immunitaires par l'intermédiaire de leur partie lipidique composée d'acides gras. Or, l'étude de la composition de la spiruline a mis en évidence la présence de glycolipides tels que l'acide palmitique, l'acide linoléique ou encore l'acide linolénique, il est alors concevable que la spiruline interagisse avec les cellules de l'immunité grâce aux glycolipides qui la composent.

 

 

2.5.2. Modulation de la multiplication des cellules immunitaires


Les organes lymphoïdes primaires comme le thymus et la moelle osseuse sont le siège de la production des lymphocytes. A maturité, ces acteurs de l'immunité spécifique migrent dans les organes et tissus lymphoïdes secondaires (rate, ganglions lymphatiques) siège de la réponse spécifique à l'antigène. Chez la souris, l'ingestion pendant 6 semaines de phycocyanine (contenue dans la spiruline) a permis l'augmentation du niveau total des IgA présents dans les plaques de Peyer (follicules lymphoïdes de la muqueuse intestinale) et dans les cellules de rate [90]. La spiruline et ses composants tels que la phycocyanine affecteraient les fonctions immunitaires en stimulant la prolifération ou la différenciation des cellules immunitaires dans les organes lymphoïdes.

Cette hypothèse a été vérifiée sur des cellules souches hématopoïétiques de moelle osseuse de souris. Lors de leur mise en culture, la prolifération cellulaire a pu être favorisée grâce à un traitement par un extrait aqueux de spiruline mais aussi par un extrait à base de phycocyanine ou par un extrait des composants de membrane cellulaire de l'algue [91].


De la même façon, le surnageant de culture cellulaire de rate préalablement stimulé avec de la phycocyanine ou avec l'extrait des composants de membrane cellulaire (20 μg/mL) a favorisé la formation des colonies cellulaires de moelle osseuse. Des quantités plus élevées en facteurs de croissance hématopoïétique GMCSF (Granulocyte macrophage-colony stimulating factor) et d'interleukine-3 (IL-3) ont été retrouvées dans le surnageant des cultures cellulaires de rate, principalement dans le surnageant des cellules cultivées avec l'extrait des composants membranaires (GM-CSF, 1206 pg/ml et IL-3, 481,7 pg/ml). (Tableau 35). Il est connu que les facteurs de croissance hématopoïétique multipotents tel que le GM-CSF et l'IL-3, produits par une variété de cellules tels que les monocytes et lymphocytes, peuvent induire la prolifération et la différenciation des cellules hématopoïétiques encore immatures dans la moelle osseuse. Ces facteurs ont été augmentés grâce à la stimulation induite par les extraits à base de spiruline sur les cellules de rate. Ils ont ensuite favorisé la multiplication des cellules de moelle osseuse.

La spiruline agirait alors directement et indirectement sur la prolifération et la différenciation des cellules souches multipotentes de la moelle osseuse. Des résultats similaires ont été trouvés in vivo où l'ingestion par des souris de ces différents extraits à base de spiruline pendant 5 semaines a permis l'augmentation du nombre des neutrophiles et lymphocytes dans le sang périphérique. Le nombre de réticulocytes après ingestion d'extrait aqueux et le nombre de lymphocytes après ingestion de phycocyanine ont eux aussi été augmentés dans la moelle osseuse [91].


Ces différents résultats confirment les réelles capacités immunomodulatrices de la spiruline. Son utilisation comme complément alimentaire pour moduler ou maintenir le système immunitaire permettrait d'améliorer les fonctions immunitaires de patients présentant une immunodéficience provoquée par des médicaments tels que des anticancéreux ou des antiinfectieux.

 

 

2.6. Activité antivirale de la spiruline

Hayashi T. et Hayashi K. (1996) ont découvert que le Calcium Spirulan (Ca-SP) permettait d'inhiber la réplication de plusieurs virus à enveloppe, dont le virus herpes simplex du type 1, le cytomégalovirus humain, le virus de la rougeole et des oreillons, le virus de la grippe A et le VIH-1 (Tableau 36). L'étude indique qu'un prétraitement 3h avant l'infection est plus efficace qu'un traitement juste après l'infection. Ceci suggère que le polysaccharide doit agir à un stade précoce de la réplication virale soit à la phase d'adsorption ou de pénétration.


Le tableau (Tableau 36) indique que le Ca-SP a inhibé de façon sélective la pénétration du virus dans les cellules hôtes et à une concentration de plus de 40 μg/mL, il est capable de bloquer presque totalement la pénétration du virus HSV-1 (Tableau 37).


La rétention de la conformation moléculaire grâce à la chélation de l'ion calcique avec les groupes sulfates serait indispensable à son effet antiviral car lorsque l'ion calcium ou les sulfates sont retirés au polysaccharide, l'activité antivirale est diminuée et la toxicité augmentée (Tableau 38).


L'action antivirale du Calcium-Spirulan est surtout préventive en agissant sur l'adsorption et pénétration des virus dans la membrane cellulaire. L'ingestion de spiruline et par conséquent de calcium-spirulan dans le cas d'une possible contamination pourrait être bénéfique pour diminuer le risque infectieux et ainsi prévenir la maladie.


 

Thèse complète à télécharger ici : http://docnum.univ-lorraine.fr/public/SCDPHA_T_2008_SGUERA_SEBASTIEN.pdf